Les 10 plus gros mensonges sur l’économie

J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie de la nouvelle édition entièrement actualisée des « 10 plus gros mensonges sur l’économie » ( éd.Dangles) mi juin.
En cette période où nos élites mondiales pensent régler la dette en s’endettant plus encore, et à relancer la croissance par l’austérité, n’est-il pas temps de se demander ce qui conduit à effacer tout bon sens au cœur de cette supposée science qu’est l’économie ?
Nous avons reçu beaucoup de courrier de lecteurs qui tenaient à nous dire combien ce livre les avait éclairé. Alors si vous vous posez des questions sur notre « folle » époque, ce livre vous aidera sans doute à trouver quelques réponses et à vous libérer du discours ambiant.

Vous trouverez ci dessous un extrait tiré de la conclusion pour vous donner un aperçu
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Extrait tiré de la conclusion de

Les 10 plus gros mensonges sur l’économie

éditions Dangles 2010

…/…

Alors lisons un peu l’actualité au travers du prisme des vérités déclinées et contredites dans dans ce livre.

– En premier, crise des « subprime » milieu 2007. Des prêts hypothécaires sont consentis à une population insolvable sur la seule foi que tout le monde non seulement retrouvera ses billes mais en gagnera plus grâce aux plus-values prévisibles d’un marché immobilier dopé par cette demande nouvelle.

–  En second, une titrisation avec effet de levier permet de refiler aux investisseurs, avec gros profit au passage, des pochettes surprises supposées contenir des actif sûrs que donc tout le monde s’arrache.

–  En troisième, le conte de fée s’achève brutalement; le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille. La faillite menace tout le système bancaire qui s’était gavé de ces actifs pourris.

–  En quatrième, le public (habituellement responsable de tous les maux aux dires du privé) se porte au secours des joueurs de casino en creusant un peu plus le déficit des Nations. Les joueurs (quoi que tancés par les chefs d’Etats et de gouvernement qui rivalisent d’effets de manche et de déclarations solennelles courroucées… paroles … paroles) retournent à leur table de jeu en commençant par se verser les bonus qu’ils « méritaient ».

–  En cinquième, le transfert de la dette privée vers le public porte les feux de la rampe sur la profondeur abyssale des dettes souveraines laissant prévoir que certains pays (Les PIIGS1, de ce joli nom évocateur qui leur a été attribué pour les désigner : Portugal – Ireland – Italy – Greece – Spain) pourraient être défaillants

Trois choses sont à noter:

1) La crise des subprime n’aurait certainement pas pu se produire si les banques commerciales n’avaient pas eu la possibilité de créer la monnaie par la monétisation d’actifs comme nous l’avons expliqué. Car si les banques on fait faillite c’est parce qu’elles ont pu inscrire à leur actif des valeurs qui ne correspondaient en rien à la réalité. Elles ont pu gagner des sommes considérables2 tant que les pochettes surprises restaient fermées en laissant planer la promesse de profits, mais évidemment tout s’est effondré le jour où il fut découvert qu’elles étaient vides.

2) Les dettes souveraines n’auraient jamais atteint les niveaux quelles ont si les nations n’avaient pas été contraintes (par suite de décisions politiques sous la pression du lobby financier, sans consultation des peuples) d’emprunter leur propre monnaie sur les marchés financiers, les exposant d’une part à la spéculation comme on le voit actuellement et les enlisant progressivement sous le poids cumulatif des intérêts d’autre part3.

3) Malgré l’intensité des coups de semonce, l’idéologie n’est à aucun moment remise en question. Les yeux restent exclusivement rivés sur les performances des marchés. Car l’idéologie repose sur la croyance que l’économie mondiale dépend des « investisseurs » qui détiennent les capitaux dont elle a besoin.

–    Voit-on une seconde que l’humanité est prise en otage et soumise aux caprices de cette « élite » dont les profits sont le plus souvent inversement proportionnels à l’utilité sociale et écologique de leurs placements?

–    Perçoit-on que l’on s’enferme dans une dynamique qui se traduit par un transfert croissant de la richesse mondiale vers les plus riches?

–    Réalise-t-on que l’on ne fait que reculer pour mieux sauter? Car vous observerez que s’agissant des subprimes ou des dettes souveraines, le fond de ces crises, c’est l’endettement privé et public. Et quelle mesure prennent les États Unis et L’Europe ? S’endetter plus encore. Étrange remède que celui qui consiste à donner au malade plus de ce même poison que celui qui a affecté sa santé. Il faut croire que les milliards que nos prestidigitateurs font pleuvoir sur nos têtes ont un effet secondaire immédiat euphorisant au point de provoquer la paralysie des neurones du bon sens. Ou succombe-t-il tout simplement aux charmes de la communication subtile utilisée qui sait choisir les mots que le bon peuple espère. Sauver la Grèce, sauver l’Europe, sauver l’Euro ! Vraiment ? Comme le souligne Frédéric Lordon sur le blog du Monde Diplo en date du 11 mai 20104 « même les plus épais des commentateurs autorisés se sont aperçus que les sommes énormes péniblement assemblées pour « sauver la Grèce » sont en fait destinées à sauver les investisseurs. Banques, fonds et autres créanciers internationaux sont en effet les heureux récipiendaires de fait de leffort des citoyens grecs et des fonds publics européens ».

Car vous n’aurez pas été sans remarquer que ce « sauvetage » a un prix : l’austérité!… Autre terme synomyme des « ajustements structurels » qui ont été imposés aux pays du sud pour les « aider » à rembourser leur dette au FMI et à la Banque mondiale, et qui étaient sensés les conduire sur la voie de la prospérité. La constance dans l’absurde a quelque chose d’admirable puisqu’en dépit de près de 40 ans d’échec de la formule, on y croit encore!

Echec ? Absurde ? Et si au contraire on parlait d’une machine bien huilée. Car tout dépend du but poursuivi. Si c’est celui d’un mieux être pour tous, alors oui, on patauge dans l’absurde. Mais si c’est celui de la défense prioritaire des intérêts des investisseurs… Là on renoue avec le bon sens. C’est qu’ils ne s’y trompent pas les bougres ! Ils savent fort bien que la fuite en avant de la dette a sa limite. Pour que la pompe à fric soit pérenne, le malade doit comprendre que la main de ses bienfaiteurs doit être remplie pour continuer à bénéficier de ses largesses. Telle est la vérité insolente qu’on nous sert tous les jours. Deux poids deux mesures. Les peuples au pain sec, les ortolans aux banques sur la seule foi que sans elles il n’y aurait même plus de pain sec. Qu’une telle vérité, ou plutôt qu’un tel mensonge appartienne au monde de la finance, passe encore puisque son unique vocation est de s’enrichir, mais que les dirigeants politiques mondiaux y souscrivent, il n’y a pour cela pas un qualificatif à la hauteur de leur aveuglement coupable ou de leur vilainie servile.

–  Comment ne voient-ils pas que la clé ne peut résider dans un endettement infini qui asservit leurs peuples sous un joug toujours plus pesant?

–    Comment ne réalisent-ils pas qu’à ce jeu ils ne trouveront jamais les moyens de financer les défis humains et écologiques propres à notre siècle et qui réclament pourtant une attention urgente?

–    Comment peuvent-ils rester fermés à l’évidence que si une collectivité a un besoin, la volonté de le satisfaire, les moyens techniques et énergétiques, un excès de main d’œuvre et le savoir-faire, l’impossibilité alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse puisqu’une vraie richesse équilibre « le bilan » de la création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser.

–    Comment peuvent-ils se rendre aveugles aux signaux de plus en plus pressants qui les invitent à rendre leurs pays indépendants des marchés ? Est-ce la puissance de leur endoctrinement ou pour faire oublier que ceux sont eux qui ont sciemment sacrifié cette indépendance?

…/…

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1      PIIGS (prononcé pigs) signifie « cochon » en anglais

2      Il y a 25 ans les profits (bénéfices) des établissements de crédit représentaient 5% de l’ensemble des profits des entreprises françaises. Aujourd’hui, c’est presque 50% ! A peu près identique aux États Unis.

3    Pour vous donner une idée; en euros constants 2009, entre le 31 décembre 1999 et le 31 décembre 2009, la dette publique française à cru de 534 Md€ et pendant ce temps là nous avons payé en intérêts sur la dette un total de 505 Md€ !!! Malgré la très mauvaise année 2009 … La dette « sans intérêts » n’aurait augmenté que de 29 milliards d’euros

4    Frédéric Lordon est économiste, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). Il intervient régulièrement dans les colonnes du journal le Monde Diplomatique. La présente citation est extraite de son article « sauver les banques, jusqu’à quand » 

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Deux autres livres ont été actualisés et ré édités en 2009 :
« La dette publique, une affaire rentable »
« Les aventuriers de l’Abondance » (Roman pour ceux qui préfèrent ce genre de lecture)
– et que André-Jacques Holbecq a publié également en 2009 « Argent dettes et banque »
Ces 3 livres sont aux éditions Yves Michel.

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