Une vaine tentative

La réduction des déficits budgétaires dans une vaine tentative de limiter l’accroissement de la dette publique va plonger notre pays (et l’U.E.) dans la récession dont les conséquences seront entre autres:

– annulations de projets d’investissements

– baisses de production et de chiffre d’affaire

– réductions d’effectifs dans toutes les entreprises

– augmentation du chômage

Cette récession touchera en particulier la très grande majorité des jeunes, des salariés et des retraités.

L’article 123 du Traité de Lisbonne interdit à la BCE et aux Banques Centrales Nationales de financer directement les besoins des administrations publiques. Disons le simplement: l’État et les collectivités locales n’ont d’autres solution que de se financer sur les marchés monétaires.

En France, lors de l’année 2009 les besoins de financement des administrations publiques ont été de 144,4 milliards qu’il a fallu emprunter. Pendant ce temps là, c’est  45,6 milliards qui ont été payés au titre des intérêts (pour 50,9 en 2007 et 56,2 en 2008). Avec une dette totale de 1498 milliards fin 2009 (malgré les quasi  1300 milliards d’euros d’intérêts payés entre 1980 et nos jours)., il suffirait qu’hélas, les prêteurs nous fassent moins confiance comme nous l’avons vu pour la Grèce, et nous devrons emprunter les besoins de 2010 et des années suivantes à des taux beaucoup plus élevés qui creuseront d’autant plus le déficit budgétaire de l’État et celui des autres administrations publiques. Ce n’est donc pas sur les restrictions de la répartition sociale qu’il faut jouer mais sur les intérêts de la dette qui représentent, en France comme ailleurs, le second ou le troisième poste de dépenses.

La monétisation directe des besoins de trésorerie par la BCE ou la Banque de France permettrait au moins de ne pas augmenter la dette externe. Cette monétisation a deux énormes avantages: les obligations émises en contreparties ne sont pas nécessairement à échéance donnée de remboursement (Obligations à Durée Indéterminée) et que les obligations soient ou non productrices d’intérêts, ceux-ci, puisque la Banque de France appartient à 100% à l’État, lui reviennent sous forme de dividendes (ou d’impôts qu’elle reverse). Dans le cas de la BCE l’affirmation est partielle puisque la France détient environ 20% de la part de celle-ci dans la zone euro: ce serait donc « relatif » aux emprunts des autres pays. Mais de toute façon il semble tout à fait anormal que les banques puissent se financer à un taux très bas (le taux de refinancement) alors que les États et les Administrations publiques ne peuvent le faire.

Les esprits chagrins pourront dire: admettons même que nous passions outre à l’article 123 du Traité de Lisbonne et que l’une ou l’autre banque centrale monétise les obligations nouvelles correspondantes aux intérêts, il nous faudra emprunter à nouveau pour rembourser les obligations arrivant à échéance et donc notre dette restera constante. De plus, tout nouveau besoin de financement (et nous pensons particulièrement aux énormes besoins d’investissement qui vont être nécessaires pour assurer dans les 20 prochaines années la transition énergétique et écologique) ne pourra être financé que par de nouvelles dettes ou des solutions d’augmentation d’impôt ou de diminutions des dépenses qui, nous l’avons vu, mèneront chacune à la récession que nous voulons éviter.

Alors, que faire ?

1 – Faire monétiser les besoins correspondants aux intérêts de la dette, par émission monétaire de la BCE (c’est actuellement un total de 280 milliards d’euros pour la zone euro). En échange de cette facilité nouvelle, les budgets de fonctionnement des États de la zone euro devront être en équilibre et les recettes fiscales couvrir les dépenses de fonctionnement. Ceci n’aura évidemment aucun effet sur le montant de la dette mais évitera le plus souvent à celle-ci d’augmenter du montant – et du seul fait –  des intérêts à payer.

2 – lancer un grand programme d’investissement européen sur 10 ans sous forme d’un « plan Marshall  » qui serait totalement monétisé par la BCE. Le montant de ce plan serait défini par les chefs d’États mais pourrait raisonnablement être estimé à 200 milliards par an. En admettant que chaque travailleur produise 60000 euros par an de valeur ajoutée, c’est donc près de 3,5 millions d’emplois directs qui seraient pérennisés et certainement 3 à 4 fois plus d’emplois secondaires.

Ces deux mesures correspondraient à une augmentation d’environ 5% de la masse monétaire en circulation dans la zone euro: rien d’inquiétant donc pour l’inflation puisque pendant la période 2002 à 2006 la masse monétaire a augmenté de 10% par an sans créer celle-ci, parait-il.

Bien évidemment cette proposition est un contrepied de la philosophie de la BCE qui sous prétexte de risque d’inflation,  alors que tous les économistes savent bien que la quantité de monnaie en circulation n’est pas la seule cause de l’inflation, mais en fait, pour éviter  une envolée de la quantité de monnaie non contrôlée surtout utile à la spéculation, ne lui suffit-il pas de limiter la capacité d’émission de nouveaux crédit du système bancaire en augmentant les taux de réserves obligatoires et surtout en évitant de leur payer un intérêt sur celles-ci ?

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