La monnaie, du pouvoir d’achat au pouvoir d’être.

17/12/2012

Philippe Derudder nous fait parvenir ce message important et les vidéos attachées.

______________________________

Bonjour toutes et tous

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de partager avec vous quelque chose pour célébrer la fin de l’année et le commencement de la nouvelle; une réflexion, un texte… Cette année je veux vous offrir un film sur lequel je travaille depuis un an avec l’aide précieuse de quelques amis.
Ce film s’intitule : « La monnaie, du pouvoir d’achat au pouvoir d’être« 
Vous savez que depuis 20 ans j’ai consacré une bonne partie de ma vie à tâcher de comprendre pourquoi l’humanité, en dépit des connaissances et technologies phénoménales dont elle dispose aujourd’hui, reste toujours incapable à établir des conditions de vie de suffisance et de dignité pour tous. Pire, que ce XXIéme siècle s’ouvre sur une crise majeure dont on ne peut encore mesurer l’ampleur des souffrances qu’elle engendrera, est une insulte à l’intelligence.

Sans prétendre détenir la vérité, je partage dans mes livres, conférences et ateliers le fruit de mes recherches et celui de mon propre cheminement; mais cela reste limité. L’idée m’est donc venue d’offrir dans un film une synthèse de ce que j’ai identifié comme étant le fond du fond des problèmes actuels débouchant sur le constat enthousiasmant que tout est là pour réaliser ce monde de suffisance et de dignité, si nous le voulons.
Mais une chose me semble certaine: Pour le moment, l’impasse se referme sur nous car la classe dirigeante mondiale fait tout pour maintenir en place ce qui assure son pouvoir et sa fortune tandis que les peuples s’agitent pour dénoncer ce qu’ils ne veulent plus, sans toutefois savoir  vraiment ce qu’ils veulent, tant le conditionnement qu’ils ont subi étouffe l’imaginaire. Ceci me pousse à croire que la solution est entre les mains des citoyens de ce monde, à condition de les aider à se libérer du conditionnement qui les tient prisonniers

C’est pourquoi mon objectif est que ce film soit le plus possible regardé afin d’informer et d’aider à comprendre que nos problèmes, pourtant vitaux, n’ont que l’épaisseur d’une pensée. Ainsi ai-je choisi de le diffuser gratuitement sur youtube et en trois langues : français, anglais et espagnol.

Pour le moment, seule la version française est disponible. Les deux autres ont encore besoin d’un peu de travail. Toutes les personnes qui l’ont déjà vu l’ont hautement apprécié, mais comme il est riche en informations, elles m’ont conseillé de le découper  en séquences d’une dizaine de minutes chacune. Vous le trouverez donc sous forme de 7 séquences

1/7 –

2/7 –

3/7 –

4/7 –

5/7 –

6/7 –

7/7 –

… je vous invite à le regarder, à votre rythme, et si vous estimez que les informations et messages contenus peuvent contribuer utilement à relever le défi qui est le nôtre, alors merci d’en diffuser le lien à tous vos réseaux et connaissances. Dès que les versions espagnoles et anglaises seront prêtes je vous le dirai aussi pour que vous puissiez prévenir les contacts que vous avez dans les pays parlant ces langues. Ce faisant, pensez à demander à vos contacts  d’en diffuser le lien à leur tour afin que l’effet boule de neige puisse agir.

Maintenant si vous avez envie d’acquérir  la vidéo (contenant le film sous deux formes : séquencée et non séquencée), vous pouvez le commander en ligne sur le site aises.
http://aises-fr.org/260b-liv-monnaie-FR%20achat.html
Il est libre de tous droits de sorte que vous avez l’autorisation de le projeter en public si vous le souhaitez.
Comme vous le comprendrez, nous ne  demandons que le paiement des frais de fabrication, d’emballage et de poste.
Nous apprécierons toutefois une adhésion  ou un don à notre association (bien sur facultatifs) pour nous aider à poursuivre notre action.
http://aises-fr.org/104-adhesion.html

J’espère que ce film contribuera à ouvrir vos horizons. 2012 s’achève. On parle bcp de fin du monde, ou de fin d’un monde. Si l’ancien monde se meurt effectivement, un nouveau est en train de naitre, et beaucoup d’entre nous, souvent sans le savoir, en sont déjà les accoucheurs. J’espère que ce film facilitera cet accouchement.

Bonne fin d’année, joyeuses fêtes et mes meilleurs vœux pour la nouvelle année qu’il nous appartient de rendre belle, chacun à notre niveau.


Manifeste

28/06/2012

Pour que l’argent serve au lieu d’asservir !

 

Une Nation souveraine a le pouvoir et la légitimité d’émettre sa propre monnaie.

Dette et austérité sont des choix idéologiques.

Savez-vous que:

– Les intérêts de la dette publique absorbent la totalité de l’impôt sur le revenu !

– La BCE a prêté 1000 milliards aux banques mais refuse de prêter aux États pour alléger leur fardeau !

– Le retour du droit de création monétaire par la Banque Centrale au service des États leur éviterait de dépendre de la spéculation et leur permettrait de financer les urgences sociales et écologiques !

Au lieu de cela en Grèce des familles en sont réduites à abandonner leurs enfants. En France des postes sont supprimés dans la fonction publique et les emplois disparaissent dans les entreprises. Vos revenus diminuent, on vous oblige à travailler plus longtemps, on ferme des hôpitaux, des maternités, des tribunaux pour cause de déficit budgétaire.

Peut-être vous interrogez-vous, êtes-vous choqué, dépassé ?

Pourquoi sauver les banques et non pas les peuples ?

Pour beaucoup d’entre nous, c’est parfaitement incompréhensible ! Mais c’est malheureusement l’ignorance dans laquelle les populations sont tenues en matière de fonctionnement du système monétaire qui permet de telles aberrations. Bien sûr on peut se dire que tout cela nous dépasse ou que l’on n’y peut rien à notre niveau. Détrompez-vous ! Nous pouvons non seulement résoudre la question de la dette publique, mais en plus nous donner les moyens de financer les immenses chantiers à mettre en œuvre pour permettre à tous une réelle amélioration de la qualité de la vie.

Pure utopie pensez-vous ? Certainement pas !

Contrairement à ce que croient encore certains, ce ne sont pas les États qui émettent la monnaie, mais le système bancaire privé, simplement lorsqu’il accepte une demande de crédit.

– Depuis longtemps, les monnaies ne sont plus liées à un bien réel, même le dollar dont la convertibilité en or a été supprimée le 15 août 1971, ce qui les rend totalement virtuelles; leurs quantités sont donc potentiellement illimitées et seules les règles définies par les hommes eux-mêmes en limitent l’émission.

– Depuis novembre 1993, l’article 104 du Traité de Maastricht (l’actuel article 123 du traité de Lisbonne) interdit à la BCE ou aux Banques Centrales nationales d’accorder un quelconque crédit aux institutions ou organes publics. Et toute l’Europe est dans la même situation. Cela conduit les États à s’endetter pour obtenir, au prix fort auprès de la finance privée, la monnaie dont ils avaient, s’ils le souhaitaient, le pouvoir d’émission antérieurement !

– C’est ainsi que dans notre pays, de début 1995 à fin 2011 la dette a augmenté de 1150 milliards d’euros. Pendant ce temps nous avons payé (et donc dû emprunter), au seul titre de l’intérêt, plus de 815 milliards d’euros.

Aujourd’hui, pour seulement payer les intérêts, c’est un endettement supplémentaire de plus de 130 millions d’euros par jour. Au final, si nous n’avions pas eu à payer d’intérêts, nous n’aurions qu’une dette publique très faible ne dépassant pas 35% du PIB (Produit Intérieur Brut). Mieux, nous aurions pu, sans risque d’inflation, émettre nos besoins annuels de trésorerie et financer ainsi nos déficits, au lieu de laisser les banques commerciales s’en charger contre intérêt !

Ensemble disons « ça suffit ! ».

Réclamons qu’au minimum la Banque Centrale Européenne (ou la Banque de France si nécessaire) puisse disposer du droit d’émission monétaire et de crédit au bénéfice des collectivités – État, Régions, Départements et Communes – pour financer les investissements nécessaires et raisonnables décidés démocratiquement par la collectivité. C’est aux instances représentatives de la Société de décider, après avis des  organismes publics concernés, du montant d’émission monétaire imposé à la Banque Centrale. En situation de sous-emploi et de pénurie, alors que les compétences humaines, les ressources naturelles et la volonté sont présentes, l’argent, toujours issu d’une simple ligne d’écriture, ne peut et ne doit pas manquer. Dans ce cadre, une émission monétaire n’est pas inflationniste.

Nous demandons donc aux pouvoirs politiques d’accéder aux demandes suivantes :

Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l’Eurozone, la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, sans échéance et sans intérêts, directement au bénéfice de la collectivité et non à celui des seules banques – en particulier, pour financer la mutation qu’exige le défi technique, social et écologique de notre époque, la recherche, un enseignement ainsi qu’un système de santé de qualité et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l’amélioration collective durable de la qualité de la vie.

Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être revus en conséquence.

A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, le gouvernement français doit opérer une reprise du droit collectif (donc national) d’émettre la monnaie, éventuellement par émission d’une monnaie nationale complémentaire à l’euro, quitte à se mettre en dissidence à l’égard de l’UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir un modèle d’inspiration des autres Nations.

Aidez-nous, aidez-vous, aidons nos concitoyens à faire connaître cette situation véritablement inadmissible reposant sur des dogmes erronés. Aidez-nous à faire connaître ces propositions, afin que le sujet sorte enfin de l’ombre. Pour soutenir cet appel, faites le circuler par tous moyens à votre disposition, confortez cette action en écrivant directement à votre député et à votre sénateur, car, nous le savons par expérience : isolée, cette lettre restera ignorée ou évacuée poliment. Il est essentiel qu’elle arrive en nombre, régulièrement et de toute part sur le bureau des élus et personnalités – notamment de la presse – pour qu’elle ne soit pas traitée à la légère. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d’individus, d’associations, de groupes ou d’organismes citoyens. C’est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l’avenir des Peuples et de la Planète, soit enfin connue d’eux et qu’ils puissent la traiter.

__________________________________

Cercle des Économistes Citoyens – 27 juin 2012 – adresse courriel : cercleecocit@gmail.com

==============================

La diffusion de ce document est particulièrement souhaitable.
Lien court sur cette page : http://wp.me/pDHc7-8L
Version word (.doc)
Version Open Office (.odt)
Version pdf


Un Espace Complémentaire Sociétal, vite !

19/05/2011

Constat

Le système marchand actuel, totalement soumis à la dictature de la finance et du commerce, est confronté à des limites que sa seule logique empêche de dépasser.

L’unique réponse du système se trouve actuellement dans une croissance forte, cependant ses effets sur l’emploi sont non seulement anéantis par l’amélioration constante de la productivité, mais de plus incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l’humanité est confrontée. Face aux fléaux que sont la croissance du chômage, l’amplification des inégalités et les atteintes à l’environnement, il y a urgence ; mais comment orienter la croissance économique vers plus d’emplois, plus de justice sociale, et plus de « durabilité » ?

L’idée vient tout de suite à l’esprit de procéder à des investissements publics massifs, tant pour améliorer le nombre et la qualité des infrastructures disponibles que pour réduire nos consommations d’énergie et limiter ainsi notre dépendance. La perspective de donner de la sorte un « coup de fouet » à l’économie, d’inverser enfin la courbe du chômage, est exaltante, mais… tel un père de famille surendetté… l’enthousiasme qu’une telle proposition peut susciter retombe vite dans un soupir : « Ce serait bien… mais on n’a pas les moyens de se le payer ! « 

Pourtant, nous affirmons que si une collectivité a:
1 – un besoin d’intérêt général ;
2 – la volonté de le satisfaire ;
3 – les moyens techniques et énergétiques ;
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire ;

5 – la maîtrise des conséquences écologiques ;

… alors l’argument du manque de financement est fallacieux, car une vraie richesse résultera du travail permis par la création monétaire nécessaire pour le payer, et il ne devrait donc y avoir aucun obstacle à sa réalisation, ni risque d’inflation.

La présente proposition vise à remettre en cause la sempiternelle objection du manque de financement, qui empêcherait de payer des investissements publics pourtant nécessaires. En effet, il existe une différence profonde entre un particulier et un État souverain : un particulier ne peut créer lui même les moyens de paiement qui lui manquent, tandis qu’une collectivité munie des institutions ad hoc dispose de ce pouvoir !

Le présent article a l’ambition de montrer comment la création d’un nouveau dispositif dit « Espace Complémentaire Sociétal »  peut permettre de s’affranchir des obstacles réglementaires dressés par certaines dispositions des Traités européens.  Car il s’agit bien, en effet, de faire surgir un mouvement d’émancipation

Que faire ?

Comme nous ne pourrons pas immédiatement remplacer un système par un autre, nous proposons l’introduction d’un espace économique nouveau, que nous appelons « ECS » (Espace Complémentaire Sociétal), complémentaire au système économique existant. Sa vocation n’est pas la recherche de l’équilibre ou du profit financier mais celle du « bénéfice sociétal ». Il s’attache à la résolution, indifféremment de leur coût financier, des problèmes humains et écologiques que la seule logique capitaliste libérale est incapable de traiter par la nature même du droit des entreprises et des systèmes comptables, et d’orienter les modes de production et de vie vers un modèle soutenable au niveau planétaire.  Cet « espace » a vocation prioritaire de créer des activités qui n’existent pas encore parce qu’elles ne sont pas rentables, en particulier les services qui font cruellement défaut pour permettre à tous une vie digne sur une planète respectée. Le champ est donc immense.

Exemples

Mise en œuvre localement de tout ce qui peut contribuer à réduire la consommation d’énergie et la pollution, mise en œuvre d’alternatives pour le transport des personnes et des marchandises, recherches et mise en place de tout ce qui peut améliorer la résilience de nos organisations, actions pour revivifier nos villages et campagnes désertifiés, entretien des forêts et création de haies vives, nettoyages de cours d’eau, soutiens à l’éducation et à l’enseignement, accompagnements de malades et aide hospitalière, etc.

Comment ?

Un projet sociétal peut être proposé :
– par le conseil municipal à un comité citoyen (dont nous recommandons qu’il soit tiré au sort) pour validation
– ou, par une personne physique ou morale au conseil municipal et comité citoyen
– ou par le comité citoyen lui-même au conseil municipal pour validation.

Si le projet est accepté, il est d’une part chiffré pour permettre l’émission monétaire spéciale nécessaire, et précisé dans ses étapes de réalisation afin de pouvoir apprécier si l’entreprise ou les entreprises chargée(s) de la mise en œuvre atteignent les objectifs sociétaux visés. L’organisme d’émission monétaire (qui pourrait être la Banque de France ou tout autre organisme responsable choisi par la collectivité) émet progressivement la monnaie finançant le projet. Ce système peut être extrapolé au niveau local, régional, national ou international

C’est dans le cadre d’ « Entreprises à Mandat Sociétal » que se libéreront les potentialités créatrices sociétales permettant le bien être de la population travaillant dans ces projets, comme de la population bénéficiaire.

Quelques détails sur le fonctionnement:

1- Les Entreprises à Mandat Sociétal (EMS) ne répondent pas à la logique de profit financier mais à celle du bénéfice sociétal. Elles sont régies par un statut juridique spécifique inspiré de la société coopérative.

2- Les investissements nécessaires à leur activité sont financés par une émission monétaire nationale en «Unités Monétaires Sociétales (UMS)», monnaie créée par l’État ou les collectivités par délégation de pouvoir au niveau des besoins. Elle est permanente (ce n’est pas une monnaie de crédit), électronique et nominative, gratuite (elle ne peut produire d’intérêts), non spéculative, non convertible en devises étrangères ni en euros, mais elle a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire défini pour cette monnaie doit les accepter en paiement. 1 UMS équivaut à 1 euro dans la zone euro)

Les Unités Monétaires Sociétales ainsi créées se retrouvent au crédit des comptes des entreprises (EMS + fournisseurs des EMS du secteur marchand traditionnel) et au crédit des comptes courants des particuliers (salariés des EMS, mais aussi salariés des entreprises traditionnelles qui, ayant des recettes en Unités Monétaires Sociétales, les utilisent pour leurs dépenses). C’est ainsi que les Unités Monétaires Sociétales circulent dans l’ensemble de la société.

4- Le statut d’EMS peut être attribué, par une procédure d’agrément, tant à un travailleur indépendant qu’à une organisation de plusieurs personnes réparties dans plusieurs établissements.

5- L’EMS commence son activité en constituant le «capital» nécessaire à cette activité (terrains, locaux, matériel, etc…). Elle n’a pas besoin d’argent pour ce faire. Elle choisit un organisme bancaire parmi les banques commerciales existantes, et lui remet une copie du dossier d’agrément qui comporte une estimation chiffrée qui lui servira de référence pour « commander » les fonds nécessaires à l’organisme responsable, et à régler directement les fournisseurs au fur et à mesure de l’avancement des travaux.

6- Une EMS est évaluée par rapport à ses objectifs sociétaux et non ses résultats financiers. C’est pourquoi la procédure d’agrément précise, entre autres, les éléments du « bilan d’activité» qui permettront de déterminer à la fin de la première année la position de l’EMS par rapport aux objectifs prévus. Par la suite, l’EMS présente un bilan prévisionnel en complément du bilan d’activité de l’exercice achevé, pour fixer les objectifs d’évaluation de l’exercice à venir. Les bilans sont constitués par un compte d’exploitation contrôlé par un cabinet comptable, servant principalement à aider la gestion bancaire et le contrôle des flux monétaires, et un rapport qualitatif d’activité sociétale reprenant les éléments d’appréciation qualitatifs dans la forme et selon les modalités prévues. Les éléments qualitatifs sont appréciés par consultation auprès des bénéficiaires de l’activité de l’EMS.

7 – Les activités sociétales sont définies démocratiquement par la Nation :

– Plusieurs commissions nationales composées d’élus, d’ONG représentatives et de citoyens tirés au sort, à nombre égal, travaillant chacune dans son domaine, mais en interaction avec les autres, ont pour mission préalable de définir et lister les critères sociétaux dans l’industrie, l’agriculture, les transports, l’énergie, l’habitat, les services, le commerce, la santé, l’éducation, l’équipement public, le service public, la culture…

– Les critères sont définis en fonction des connaissances du moment et de ce qui est technologiquement réalisable. Ils sont temporaires et révisables pour tenir compte de l’évolution des connaissances et des techniques. Un temps raisonnable est laissé aux acteurs pour actualiser les évolutions.

– Les critères ne sont ni idéalistes ni utopiques ni uniquement conservateurs, mais exigeants et réalisables de façon à encourager largement la dynamique, la rendre accessible et motivante pour tous.

– Les critères ainsi définis, qui deviendront la référence officielle permettant d’attribuer à une activité le statut d’E.M.S, devront être ratifiés par le parlement, les conclusions de celui-ci seront soumises à l’approbation de la Nation.

8 – Les entreprises, tant du secteur sociétal que du secteur marchand traditionnel, peuvent régler indifféremment en euros ou en Unités Monétaires Sociétales l’ensemble de leurs dépenses, (salaires, fournisseurs, impôts et taxes…)

En conclusion

A ceux qui après cette lecture se demanderaient encore comment « l’État paiera », nous leur rappelons qu’il créera les Unités Monétaires Sociétales à hauteur des besoins, comme le font les banques actuellement sur une simple demande de crédit, à la seule différence que l’État, lui, n’a pas besoin de se « facturer » son propre argent et donc enrichit son peuple au lieu de l’appauvrir par le jeu de l’intérêt. Trop simple pour être vrai? Oui, c’est simple ! La seule mise en œuvre de cet espace économique complémentaire permettrait, sans opposer les intérêts des uns et des autres, sans aller prendre dans la poche des uns pour payer les autres, de résoudre en quelques années seulement des problèmes majeurs auxquels se heurte l’humanité. Ce qui nous sidère en réalité, c’est de voir combien l’homme butte sur un problème qu’il crée lui-même en rendant artificiellement rare ou en dévoyant un argent qui n’a plus de limite physique. Cette rareté n’est en fin de compte que le reflet de notre « pauvreté de conscience ». Depuis des siècles elle enferme l’homme dans une logique de « sauve-qui-peut ». Une solution est là, à portée de main et oui, il suffit de la vouloir c’est tout. Mais c’est cela qui est difficile. Puisse la mémoire de Théodore Monod nous rappeler que « l’utopie est simplement ce qui n’a pas encore été essayé! »

D’après Philippe Derudder, André-Jacques Holbecq,
« Une Monnaie Nationale Complémentaire » (ed Yves Michel)

______________________________


Vous pouvez télécharger un tract à diffuser, en format pdf , en format open office, et en format word


Les leçons de l’Histoire

19/06/2010

Autrefois les oppresseurs de la Grèce s’appelaient Darius ou Xerxès au nom de l’empire perse, désormais ils se nomment Strauss-Kahn, Barroso, Van Rompuy, Sarkozy ou Merckel au nom de la finance internationale !

Il y a 25 siècles, la domination perse n’était pas pesante. Un satrape perse était chargé d’assurer la levée de l’impôt royal et chaque cité grecque conservait ses institutions. Les perses respectaient les coutumes des différents peuples de leur empire et se chargeaient parfois de rappeler à l’ordre les fonctionnaires zélés.

Aujourd’hui rien n’a changé ! Le FMI et l’Union européenne enverront leurs administrateurs en Grèce pour s’assurer du remboursement des crédits à échéance et de l’application des mesures d’austérité imposées par l’empire financier. La souveraineté grecque a disparue en même temps que la démocratie : depuis vendredi toutes les mesures prises dans le cadre du plan pour la Grèce seront signées par le ministre grec des Finances sans vote au Parlement !
http://www.humanite.fr/Un-coup-d-Etat-par-voie-parlementaire

La souveraineté redevient donc une priorité ! Cette aspiration à la liberté était théorisée il y a 2500 ans par Aristagoras de Milet qui rassembla les cités ioniennes sous la bannière de la libération pour sonner la révolte.

Les Grecs vont devoir à nouveau puiser dans le meilleur de leur tradition historique pour se rassembler et défendre leurs intérêts et leur liberté face à cette nouvelle oppression !

Une crise n’est pas forcément mauvaise… Elle est bien souvent un moyen d’évolution, permettant l’accélération de processus de maturation. Encore faut-il ne pas se laisser submerger par les dégâts de la crise pour pouvoir garder le recul nécessaire à l’analyse profonde de ses causes et de ses conséquences…

Une analyse que visiblement nos politiciens, journalistes et économistes sont incapables de réaliser. Certes ils ont fait de brillantes études. Mais on leur apprend ce qu’il faut penser et non pas à penser. Leur capacité d’imagination, de critique d’un système donné, est quasi-nulle. Ils sont les outils parfaits de l’inertie sociale. Intégrés à la “haute société” par ces grandes écoles, ils sont formés à la protéger.

Voyons donc les constats qu’on peut tirer de l’Histoire concernant les dettes souveraines :

– les États ne doivent pas avoir peur de la cessation de paiement,
– les régimes qui durent (qui s’endettent le moins) sont ceux qui jugulent le mieux les processus d’accroissement des inégalités,
– les plans d’austérité aggravent la récession, entraînant une chute des recettes fiscales plus rapide que ne s’opère l’ajustement budgétaire, ce qui aggrave le déficit et donc la dette publique.

Les dettes publiques, dans leur conception actuelle, existent depuis le XIII° siècle (cités italiennes) et déjà un marché de la dette publique existait.
Les nations européennes en étaient rapidement très friandes : les revenus obtenus par taxation s’avérant insuffisants, l’emprunt a constitué un moyen systématique de financement des guerres, permettant l’allongement de conflits de plus grande ampleur. Les dettes publiques atteignent en effet leur plafond pendant les guerres : la dette britannique a représenté près de 300% du PIB au sortir des guerres napoléoniennes comme après la Seconde Guerre Mondiale. De même, la dette américaine s’est nettement accrue à la suite des quatre principaux conflits qu’a connus le pays où elle a atteint son sommet historique (120% du PIB). Quoi qu’il en soit, le coût des guerres est toujours payés par les citoyens ! En effet l’Histoire démontre une hausse de la fiscalité étatique pendant de nombreuses années post-guerres.

L’Histoire nous apprend qu’il ne faut pas avoir peur de la cessation de paiement pour un État. Ceci est d’ailleurs monnaie courante (pardonnez-moi le jeu de mot)…
Un État n’est pas une entreprise, ni un ménage ! Il n’a pas les mêmes objectifs, n’est pas soumis aux mêmes contraintes et donc ne doit pas être géré de la même façon. Un État peut être en situation de cessation de paiement mais personne n’a le pouvoir de le mettre en liquidation judiciaire et de lui ordonner de cesser d’exister. On constate d’ailleurs que suite à une cessation de paiement les États ne sont pas moins puissants, bien au contraire !

L’Espagne a connu de nombreuses banqueroutes rapprochées : 1557, 1575, 1596, 1607, 1627 ! Pourtant cette période de l’Histoire est celle où l’Espagne a atteint le zénith de son influence et de son pouvoir, ainsi que son Siècle d’Or culturel (1550-1660). Conclusion : quand un État fait faillite, il ressort plus puissant que s’il continuait à rembourser ses créanciers, et il est toujours capable de mener à bien ses projets. De plus, on constate que malgré ces défauts de paiement réguliers, les créanciers sont toujours présents pour acheter à nouveau des titres souverains… Le problème espagnol provient du fait que la monnaie était matérielle, les paiements étaient corrélés aux découvertes d’or provenant du Nouveau Monde, provoquant des successions d’époques où la monnaie était présente soit en excès soit en défaut. Aujourd’hui la monnaie est scripturale et ces problèmes n’ont plus de raison d’être !

Autre constat : les régimes qui durent sont ceux qui jugulent le mieux les processus d’accroissement des inégalités. C’est quand les privilèges sont trop nombreux que l’État s’affaiblit et doit s’endetter.
Concernant le déclin de l’empire hispanique on note une puissance militaire qui absorbe une partie trop importante des ressources financières et humaines, une agriculture victime d’inégalités de répartition des terres et l’expulsion de centaines de milliers de Morisques dont l’économie ne se relèvera pas.
En France, en 1780, l’État perçoit 503 millions de livres de recettes pour 620 millions de livres de dépenses. Le service de la dette occupe à lui seul 310 millions de livres, soit la moitié des dépenses ! L’opinion publique est scandalisée d’apprendre que la cour dépense 36 millions de livres en fêtes et pensions pour les courtisans. Le principal impôt direct, la taille, ne pèse que sur les non-privilégiés. La capitation et le vingtième n’améliorent pas les finances de l’État. En faillite et incapable de calmer la grogne des familles victimes de la crise économique, Louis XVI cède et convoque les États-Généraux en 1789, c’est le début de la Révolution française. Louis XVI a eu le tort de sacraliser la dette, il en a perdu la tête !
Ses prédécesseurs étaient moins cons : les cessations de paiement étaient régulières. Les rois de France ont recours à l’emprunt (toujours pour financer des guerres), par exemple la dette double entre 1522 et 1550 et la France fait faillite en 1558 et 1567 permettant d’annuler certaines dettes mais surtout d’en rééchelonner le paiement. Incapable de faire face à l’énorme dette accumulée par la monarchie absolue, les assemblées se résignent à la banqueroute des “deux tiers” (1796), la France renonce à payer les deux tiers de sa dette publique. C’est la dernière fois que le pays fera défaut sur sa dette.

La situation change à partir du XIXème siècle : les grandes nations ne font plus défaut sur leurs dettes ! L’Angleterre d’abord puis la France ont créé des banques centrales chargées d’emprunter pour les nations et d’assurer les remboursements. Les créanciers prennent confiance et les taux d’intérêts diminuent. Les marchés financiers et les banques privées prospèrent autour de la gestion des dettes publiques qui devient leur principale activité. La dette est sacralisée ! Exemple côté britannique : la moitié du budget est utilisé pour le service de la dette de 1820 à 1850.
Par exception une grande nation a dérogé à cette règle : les “emprunts russes” émis du temps des Tsars et unilatéralement répudiée par les Bolcheviques en 1918. Depuis, l’URSS puis la Russie considèrent cette dette comme nulle et non avenue.

Dans les années 1980, la crise de la dette des pays émergents était d’abord interprétée comme une simple crise de liquidité. La solution retenue a donc été une solution de court terme, limitée à l’injection de liquidités supplémentaires (fresh money) par les banques privées internationales, et la mise en place de politiques d’austérité destinées à rétablir les équilibres financiers dans les pays en difficulté de balance des paiements.
Mais très vite, les limites de cette stratégie sont apparues : les pays se sont enfoncés dans la récession et les créances bancaires ont du être provisionnées. La crise a désormais été perçue comme un problème plus structurel de solvabilité nécessitant un mode de résolution plus radical : les banques pouvait décider de conserver leurs titres de créances et injecter de la fresh money au taux de marché et le pays avait la possibilité s’il le désirait de racheter ses créances bancaires avec l’octroi d’une décote qui était en moyenne de 30-35%.
Le retour de la croissance dans les pays émergents à nouveau solvables, combiné à la libéralisation croissante des marchés des capitaux a offert de nouvelles opportunités de placements aux investisseurs internationaux et participé à un nouveau cycle d’endettement pour ces pays. En 1994 la crise mexicaine éclatait, puis la Russie en 1998, Équateur et le Pakistan en 1999, l’Ukraine en 2000, l’Argentine en 2001 et le Nigeria en 2002 se sont déclarés dans l’incapacité d’honorer leurs engagements financiers vis-à-vis de leurs créanciers extérieurs. A chaque fois la résolution a consisté à l’injection de liquidités (notamment de la part du FMI), une restructuration de la dette consistant à l’abandon de créances et à des rééchelonnements de paiement.

Tous ces pays ont souffert dans la période post-faillite d’un manque de liquidités puisqu’ils n’avaient plus autant accès au crédit, seule façon d’obtenir de la monnaie… La création monétaire rendrait dans ces cas-là la possibilité à ces pays de repartir sur des bases saines en soutenant l’économie avec la monnaie nécessaire à l’échange (ni plus, ni moins). C’est bien ce qu’ont été obligé de faire l’Argentine en 2001 (patacones) et ce que fait la Californie depuis 2009 (elle paye en partie ses fonctionnaires avec des bons à terme, appelés IOU, portant intérêt et convertibles en cash à des échéances qui dépendent d’ailleurs de l’état de la trésorerie) !

Dernier exemple en date : la Lettonie. Suite à la crise économique contemporaine, le pays a été contraint de faire appel au FMI, à l’UE, à la Banque mondiale et aux pays nordiques qui ont apporté un plan de financement de 7,5 milliards d’euros en contrepartie de mesures budgétaires restrictives (chute des salaires dans le secteur privé de 30%, le salaire minimum a été réduit de 20%, les retraites ont baissé de 20%, les salaires des enseignants ont chuté de 50% et ceux des fonctionnaires de 35% dont les effectifs ont été réduits de 20% et les dépenses de santé ont été amputées d’un tiers). Le résultat de ce plan d’austérité est sans appel : le déficit qui était de 4% en 2008 a été proche de 10% en 2009 et est attendu à 8,5% minimum en 2010 ! Le plan d’austérité ayant accentué la récession : PIB en chute de 4,6% en 2008 et de 18,4% en 2009 ! L’approfondissement de la récession faisant chuter les recettes fiscales plus vite que ne s’opère l’ajustement budgétaire induit par les mesures d’austérité…

CONCLUSION :

Si un État doit 10% de son PIB, c’est son problème. Si un État en doit 100%, c’est le problème des créanciers ! Qu’ils assument les risques de leurs investissements… Après tout, c’est par ce risque qu’ils justifient les taux d’intérêts. Thomas Sankara aurait dit “Ils ont joué, ils ont perdu, la vie continue !”. On rappelle souvent qu’il faut responsabiliser les emprunteurs… Certes ! Mais il faut aussi responsabiliser les prêteurs, toujours mauvais perdants !
L’Histoire de la dette publique est très majoritairement une histoire de son non-remboursement complet ou partiel. Les créanciers sont les principaux à souffrir des banqueroutes d’États, ces derniers y trouvant un soulagement budgétaire bienvenu. Le nouveau problème lié à notre époque sera celui de la contagion des défauts de paiement dans un système mondialisé (effondrement de la pyramide de dettes), seuls les prêteurs en dernier ressort, les banques centrales, pourraient alors sauver l’économie en procédant à la création monétaire… Ou alors il faudrait changer de système bancaire et monétaire, ce sera l’objet du prochain message, l’espoir existe et il faudra le répandre !

N.B.


Argent, dettes et banques

05/03/2010


4° de couverture..

Voici un ouvrage d’explication et de vulgarisation stupéfiant…

Au milieu du XVIIe siècle, les orfèvres découvrent qu’ils peuvent prêter plus que les valeurs dont ils ont la garde. Ils deviennent des banquiers et sont à l’origine de la monnaie moderne.

Aujourd’hui, celle-ci est créée par les banques commerciales et non pas par l’État ou la Banque Centrale, comme certains le pensent encore.

Certes, cette création monétaire, qui n’est guère plus qu’une simple ligne d’écriture, a permis le développement de notre économie. Mais avec un important corollaire dont les effets négatifs sont souvent occultés : les intérêts, payés aussi bien par le secteur privé que par le secteur public.

Et ces intérêts sont une des causes principales des problèmes actuels de nos sociétés, car ils facilitent le transfert du peu de richesse des pauvres et des classes moyennes vers ceux qui sont déjà les plus riches.

Parce qu’il faut garder espoir, l’auteur propose des pistes de solutions à la question « comment se sortir de cette crise et des suivantes? ». Une nouvelle réglementation du secteur financier et bancaire ne serait qu’un emplâtre tout à fait insuffisant. Vu l’état catastrophique du système monétaire et financier dans lequel nous essayons de vivre en ce moment, il faut aller plus loin…

André-Jacques Holbecq est un économiste citoyen qui analyse depuis des années notre système économique et financier. Il  nous montre, qu’au fond, les bases en sont fort simples. Encore faut-il mettre à la portée de tous ces petits secrets bien gardés.
Auteur à succès de plusieurs livres dont La Dette Publique : une affaire rentable, il récidive ici avec la même volonté et clarté.

Collection : Economie
ISBN : 978 2 913492 77 6
Prix public : 7.50 €

Pour commander directement chez l’éditeur, suivre ce lien


Attali découvre – et modifie – un vieil apologue

12/11/2009

Ce fut amusant de voir que Jacques Attali a découvert ce vieil apologue de « la Dame de Condé » (qu’il a juste un peu ré-écrit) ,ainsi que par la même occasion le concept de la « vitesse de rotation de la monnaie » qui, je le rappelle, s’écrit Vr=PIB/Mx , c’est-à-dire que la vitesse de rotation se constate par le quotient PIB divisé par la masse monétaire choisie (M1, M2 ou M3) circulante dans le pays

On peut aussi dire que, à Vr constant, si M augmente, le PIB augmentera…

Mais place à l’article d’Attali!

Dans une économie saine, l’emprunt sert à investir pas à consommer.

Monday 22 June 2009

Parmi les innombrables messages qui circulent sur le Net, il en est un, ces jours-ci,  qui m’a beaucoup intrigué. Le voici: «Dans un village qui vit du tourisme, il n’y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables.  Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l’hôtel, qu’il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même  aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande; le paysan, à son tour se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l’hôtel pour rembourser à  l’hôtelier les chambres qu’elle louait à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui  venait dire à l’hôtelier qu’il  devait repartir tout de suite,  ramasse le  billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette;  rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n’a de dettes. N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale?»

Ce texte étonnant appelle bien des commentaires :

-1.  Quel est le tour de passe-passe? Comment est-il possible de faire disparaitre l’ensemble des dettes de tout un village sans que personne ne dépense un sou (sauf  peut-être  l’hôtelier, qui a perdu la disposition de sa chambre pendant le temps,  même court, pendant lequel le client l’avait louée)? Tout simplement parce que, chaque villageois a une dette à l’égard d’un autre; de façon circulaire. Il  suffit donc, pour l’annuler  pour tous, de l’annuler pour chacun.

-2. La situation globale de l’économie réelle ressemble à la situation de ce village, car chacun, dans le monde, est à la fois créancier de l’un (au moins sa banque) et débiteur d’un autre (au moins une banque), et même de plusieurs autres. Et le total des dettes, par définition, est égal à celui des créances.

-3. Cette histoire donne une belle leçon d’économie: personne, dans  les institutions financières au moins, ne pense à rembourser sa dette; au contraire, beaucoup s’emploient, avec l’argent nouveau qu’ils peuvent recevoir, à en créer de nouvelles, pour eux-mêmes et pour d’autres.

-4. Si l’argent que distribue en ce moment de façon presque illimitée, dans chaque pays, la Banque Centrale (ici, le touriste) servait à rembourser les dettes de tous , et d’abord celles de l’Etat (ici, l’hôtelier),  plutôt qu’à en accumuler de nouvelles, en le dépensant, la crise pourrait etre résolue beaucoup plus vite et plus sainement qu’aujourd’hui, où le recul de la crise s’annonce comme la préparation d’une autre, bien plus terrible, par accumulation de dettes insurmontables.

-5. Peut être faudrait-il enseigner ainsi l’économie. Sans doute comprendrait-on mieux quelques idées simples. Et d’abord, que la priorité d’une économie saine, c’est d’utiliser l’emprunt pour investir, et pas pour consommer. Mais de cela, le système financier ne veut pas entendre parler. Même aujourd’hui, alors que la crise est encore intense, il n’a qu’une seule préoccupation: retourner au plus vite à son métier principal, endetter les autres, pour faire  le maximum de profits.

Jacques Attali


Sortir la société de la crise !

15/09/2009

L’Espace Complémentaire Sociétal

Lettre ouverte aux politiques et décideurs

La présente lettre est un résumé du projet d’Espace Complémentaire Sociétal.
Vous en trouverez une version développée sur:
http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS
Il a été déposé en version papier dans les boites aux lettres des Sénateurs et des Députés ( plus de 900 au total), durant le mois de janvier 2007…. sans aucune réaction d’aucun de ceux-ci

Sortir la société de la crise

Madame, Monsieur,

Auteurs de plusieurs ouvrages de vulgarisation économique et monétaire, nous nous permettons de vous offrir le fruit de plusieurs années de travail et de réflexion. Nous espérons que vous vous approprierez tout ou partie de ce travail.

Vous le savez sans doute

Nous vivons une période exceptionnelle de l’histoire où l’Humanité est confrontée à des défis d’un niveau jamais atteint:

– La population terrestre est passée en 60 ans seulement de 2,5 milliards à 6,5 milliards. Un bond gigantesque par rapport aux centaines de milliers d’années qu’il a fallu pour atteindre la population des années 40

– Au cours de cette même période d’une soixantaine d’années, l’humanité a développé des technologies capables de modifier l’ensemble de notre écosystème.

Les sociétés humaines se sont organisées tout au long de l’histoire autour de deux postulats aujourd’hui erronés :

– ressources naturelles illimitées,

– rareté de l’argent.

Or de nos jours, une bonne part des ressources naturelles se révèle presque épuisée tandis que l’argent moderne, totalement dématérialisé et en grande partie issu du crédit, est devenu « illimité ».

Le système économique actuel plonge ses racines dans la genèse du capitalisme, c’est-à-dire dans la réalité humaine telle qu’elle se présentait au début du XIXème siècle. Sa logique et ses outils sont donc par nature impropres à répondre de façon adéquate aux défis actuels. Cela se traduit dans notre monde par les problèmes insolubles suivants :

– Les plus pauvres sont toujours plus nombreux et plus enfermés dans la misère que jamais. La précarité, la marginalisation et l’exclusion qui en résultent génèrent une fracture sociale grandissante qui favorise tous les excès et toutes les violences.

– La seule réponse actuelle des différents systèmes économiques réside dans une croissance forte ; mais les effets d’une telle croissance sont d’une part incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l’humanité est confrontée et d’autre part sans effet sur l’emploi du fait de l’amélioration constante de la productivité, qui est en soi un bien.

– Les modes de production et de vie des pays industrialisés ne sont pas transposables à l’ensemble de la planète.

Que faire pour sortir de ces impasses ?

Notre proposition consiste à introduire, au sein même de l’espace économique existant, un nouvel « Espace Complémentaire Sociétal » (ECS).

Sa vocation est l’obtention de ce que nous appelons « le bénéfice sociétal », c’est-à-dire tout ce qui favorise l’épanouissement de l’être humain au sein de la société. Par sa dynamique interne l’Espace Complémentaire Sociétal sera capable de résoudre « mécaniquement » un grand nombre de problèmes écologiques et humains que la logique capitaliste comptable ne sait pas traiter et amplifie même parfois.

Les moteurs de l’Espace Complémentaire Sociétal (ECS)

– Une monnaie libérée qui libère l’action

Comment le système ECS financera-t-il les investissements nécessaires et ses acteurs ?
Ce ne sera ni par l’impôt, ni par l’emprunt, mais par utilisation d’une monnaie sociétale complémentaire à l’euro, émise par l’État à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés ; Monnaie gratuite (elle ne peut produire d’intérêts) elle serait permanente (ce n’est pas une monnaie de crédit), électronique et nominative. Elle serait également non convertible en devises étrangères mais a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire national, devra accepter en paiement cette unité de compte sociétale dont la valeur faciale serait équivalente à l’euro).

Précisons qu’au départ, la masse monétaire en monnaie sociétale à mettre en circulation sera déterminée par l’estimation des besoins que révèleront les enquêtes nationales, régionales et communales préalables, en tenant compte des effets produits sur le bien être des citoyens dans un cadre écologique et non des effets produits sur la simple « consommation ».
Afin de garantir cette monnaie sociétale, l’État, par le biais du Trésor Public, émettra des bons du Trésor spéciaux en unités sociétales, sans intérêt ni échéance, qu’il cèdera à la Banque de France. Cette dernière ouvrira un compte en monnaie sociétale du même montant, à partir duquel les banques privées pourront s’approvisionner selon les besoins dont elles auront connaissance, grâce aux prévisions qui leur auront été données, tant en capital qu’en exploitation par les entreprises à finalités sociétales engagées dans la réalisation des différents projets sociétaux.

Par la suite, c’est l’équilibre entre la masse monétaire et la valeur de la richesse réelle créée par l’activité sociétale qui déterminera s’il est nécessaire d’injecter plus de monnaie ou d’en retirer.

Ainsi, cette monnaie permettra la réalisation de tout ce qui participe au bien être et au bonheur des individus mais qui ne peut ni être proposé par les entreprises commerciales faute de rentabilité, ni financé par l’État qui ne peut plus augmenter les prélèvements ni s’endetter plus lourdement.

– Une reconnaissance de l’activité sociétale

Le champ d’activités qu’ouvre la création de cet espace complémentaire est immense (services à la personne et à l’environnement notamment). L’expression des besoins que révèlera l’enquête nationale suscitera sans nul doute des vocations chez beaucoup de personnes qui aujourd’hui cherchent un travail à reculons, ne se reconnaissant pas dans la logique du système actuel ; sans parler de celles qui ont déjà un projet sociétal mais qu’elles ne peuvent mettre en œuvre faute d’être « rentable »! Ainsi pourra-t-on recréer rapidement un contexte de plein emploi grâce auquel les personnes actuellement marginalisées retrouveront une place à part entière dans la société, du pouvoir d’achat et un sens à leur vie par la nature même de leur activité.

L’idée directrice est de créer à l’intérieur de cet espace économique nouveau et complémentaire des conditions de vie qui assurent à ses acteurs un haut niveau de sécurité afin qu’ils puissent utiliser leur énergie, leurs talents et leur créativité à leur mission sociétale au lieu de les inféoder à la nécessité de « gagner sa vie » à n’importe quel prix.

L’exemple français (une autre révolution)

Précisons encore un point d’une grande importance. Le projet dont nous parlons ici est conçu pour une mise en œuvre en France: le porter au niveau européen dès à présent risquerait de le voir s’embourber à jamais.

Nous misons sur la valeur d’exemple qu’une réalisation de ce genre, dans notre pays, pourrait avoir sur le reste du monde. Ne voyez donc à aucun moment le désir de nous replier frileusement derrière nos frontières.

Ce projet ne vise pas à créer un décalage par rapport aux autres pays de l’Union européenne et du monde pour en tirer un avantage concurrentiel quelconque. Ce projet à pour vocation de stimuler l’engagement des autres nations, à commencer par celles qui composent l’Union européenne, dans la voie ainsi tracée. Ainsi, les plus démunis pourraient non seulement sortir de leur dépendance et atteindre la suffisance, mais encore l’ensemble des nations pourraient enfin coopérer pour une gestion équitable et pérenne des richesses de la planète.

Nous aimerions conclure la présentation très succincte de ce projet par une citation de George Bernard Shaw: « Dans la vie il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent pourquoi pas? »

Puissiez-vous faire partie de ces derniers et réaliser que l’avenir de l’Humanité n’est freiné ni par ses connaissances ni par ses moyens, qui sont amplement suffisants, mais par une barrière imaginaire : l’accès à l’argent. Par votre action auprès des élus et décideurs vous avez aujourd’hui la possibilité de lever cette barrière

Avec nos respectueuses salutations.

Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq
Les membres du GRESSO et de AISES.


Adresse courrier: Associations AISES et ACS – 220, rue de la croix – 46000 CAHORS.
Courriel : ems@societal.org

Philippe Derudder
La renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l’arbre (Ed. Guy Trédaniel )
Les aventuriers de l’abondance (Ed. Y Michel)
Rendre la création monétaire à la société civile (Ed. Yves Michel)

André-Jacques Holbecq
Un regard citoyen sur l’économie (Ed. Yves Michel)
Une alternative de société : l’écosociétalisme (Ed. Yves Michel) – préface de Patrick Viveret

Des deux auteurs ensemble:
Les 10 plus gros mensonges sur l’économie  (Ed. Dangles )
La dette publique, une affaire rentable (Ed. Yves Michel)